Mon
quartier est celui du
plateau Saint-Gilles, du boulevard Kleyer et des Grands Champs, à
cheval sur les communes de Liège et Saint-Nicolas.
Je
vais donc vous présenter ici les endroits liégeois et
saint-clausiens qui constituent mon environnement quotidien.
Le
plateau Saint-Gilles:
La
rue Saint-Gilles est une très longue artère qui part
du Pont d'Avroy, au centre-ville, pour se terminer sur les hauteurs
du Publémont. Le plateau Saint-Gilles, au sommet de cette rue,
est très commerçant. Le voici à la fin des années
1930 et en 2006 :
En
1920.
En
2006.
En
1920.
En
2006.
Quelles sont les origines du quartier ?
Je
remercie Monsieur l'Abbé BORON, curé de la paroisse
Saint-Gilles, ainsi que Monsieur Richard MARQUET, passionné
par l'histoire du quartier, qui m'ont fourni une partie de la documentation
nécessaire à la réalisation de cette page.
Gilles
d’Orval, chroniqueur du XIIIème siècle, rapporte
l’existence, sur les hauteurs de Saint-Gilles à l’époque
romaine, d’un ravin surnommé le Puits d’Enfer,
d’où sortent la foudre et les tempêtes. Ce racontar,
amplifié à la Renaissance par des auteurs passionnés
de culture greco-latine, a donné naissance à une légende
qui voudrait qu’un autel ait été érigé
à l’extrémité du Publémont, dès
l’Antiquité, pour satisfaire au culte de Vulcain, le
dieu du feu.
Aucune
trace archéologique n’atteste l’existence de ce
sanctuaire antique, mais l’allusion à des phénomènes
climatiques n’est pas sans fondement, car de tout temps, on
a redouté les grands vents de Saint-Gilles, ainsi que les orages
violents déversant des torrents vers la vallée. Des
récits médiévaux en témoignent, et d’anciennes
expressions wallonnes évoquent des phénomènes
météorologiques : « li trô del plêve
», « li trô di grands vints », « li
mâva trô » (le trou de la pluie, le trou des grands
vents, le mauvais trou).
En
réalité, les origines et le nom du quartier remontent
à la fondation, il y a près de dix siècles, d’un
oratoire chrétien dédié à saint Gilles.
La
légende de saint Gilles
Le futur saint Gilles naît à Athènes vers
640, dans une famille de lignée royale. Son éducation
se révèle brillante, comme il se doit pour quelqu’un
de son rang. Ses parents s’attachent tout particulièrement
à lui inspirer un ardent amour pour la lecture des
livres sacrés.
Dès
son enfance, il reçoit une profonde éducation
chrétienne qui fructifie en une sainteté précoce.
Un jour qu’il se rend à l’église,
alors qu’il est adolescent, il se prend de compassion
pour un infirme gisant sur la place et lui demandant l’aumône :
il se dépouille de sa riche tunique pour l’offrir
au malheureux, qui recouvre aussitôt la santé.
Le
jeune homme comprend, à ce miracle, combien la générosité
est agréable à Dieu. À la mort de ses
parents (il n’a que vingt-quatre ans), il distribue
tous ses biens aux miséreux et se voue lui-même
à la pauvreté et à la mortification.
Les
miracles se multiplient à son contact. On cite notamment
la guérison d’un homme mordu par un serpent venimeux
et l’exorcisation d’un possédé qui
trouble un office religieux par ses clameurs.
Tableaux quadrilobés (église Saint-Gilles
de Liège) représentant saint Gilles accomplissant
des prodiges et sculptant une statue de la Vierge :
Gilles
s’effraie de sa popularité. Il se rend souvent
en bord de mer, dans l’espoir de s’embarquer sur
quelque vaisseau qui l’éloignerait de sa patrie,
où sa sainteté connue de tous afflige son humilité.
Un jour, il aperçoit un navire menacé par une
épouvantable tempête ; il calme les flots
furieux par ses prières, et les marins, en reconnaissance,
l’accueillent à bord pour le conduire sur la
côte méridionale de la Gaule.
De
Marseille, il part pour Arles, ville de grand commerce où
la langue grecque est couramment usitée. Il a l’intention
d’y mener une vie obscure, à l’abri des
honneurs, mais Dieu en décide autrement. Hébergé
chez la veuve Théocrite, il en guérit la fille,
qu’une forte fièvre accable depuis des années
malgré tous les soins que la médecine lui prodigue.
À la suite de la renommée que lui vaut ce nouveau
miracle, il est appelé auprès de Césaire,
l’évêque de ce diocèse.
Au
bout de deux ans, Gilles quitte secrètement le prélat
pour se rendre de l’autre côté du Rhône,
sur les bords escarpés du Gardon, où il espère
vivre à l’écart de la société.
À
quelques lieues du célèbre aqueduc romain, il
rencontre un ermite vivant dans une grotte. Il s’agit
de Vérédème, originaire lui aussi de
Grèce. Il le prend pour maître et obtient de
partager sa retraite et son expérience contemplative.
Ensemble, ils rendent fertiles, par la prière, les
terres proches de leur refuge, pour que la nature satisfasse
à leurs besoins.
Mais
les miracles qu'ils réalisent attirent de plus en plus
de monde, et Gilles, qui aspire à vivre loin des louanges,
se résoud à quitter son compagnon pour aller
chercher la solitude à Nuria, vallée des Pyrénées
située à deux mille mètres d’altitude,
en Catalogne espagnole.
Selon
la tradition, c’est vers 670 qu’il s’installe
à cet endroit, où il va rester quatre ans. Il
y consacre son temps à sculpter une statue de la Vierge
Marie.
Ci-dessous
à gauche, la statue de la Madone vénérée
encore actuellement dans le sanctuaire espagnol de Nuria.
La
légende l'attribue à saint Gilles au VIIème
siècle, mais il s'agit en réalité d'une
oeuvre romane polychromée qui a été vraisembablement
sculptée au XIIème ou début du XIIIème
siècle.
À
doite, une réplique de cette Vierge exposée
dans l'église Saint-Gilles de Liège :
Obligé
de fuir Nuria à cause des persécutions romaines
à l’encontre des Chrétiens, Gilles regagne
la France et recherche la solitude dans l’épaisse
forêt qui s’étend entre Nîmes et
la Camargue. Il y trouve refuge dans une grotte à proximité
d’une source. Dégagé de toute préoccupation
terrestre, il ne vit que pour Dieu, dans l’adoration
et la contemplation. Il se nourrit d’eau et d’herbes,
mais la providence divine lui envoie une biche pour l’alimenter
de son lait.
Ici se situe la scène qui a maintes fois inspiré
les artistes. La biche apprivoisée, traquée
par des chasseurs de Wamba, roi des Wisigoths d’Espagne
se met à l’abri dans l’antre de son maître.
À deux reprises, la meute n’ose s’aventurer
dans la végétation sauvage qui protège
le gîte. Informé du phénomène,
le roi soupçonne un prodige et en fait part à
Arégius, l’évêque de Nîmes.
Tous deux décident, le jour suivant, d’accompagner
les veneurs dans leur chasse. Une nouvelle fois, les chiens
sont miraculeusement repoussés, mais un archer décoche
une flèche au hasard, à travers les broussailles.
La
troupe réussit finalement à s’ouvrir un
chemin dans les fourrés épais. Wamba et Arégius
découvrent alors Gilles à l’entrée
de sa grotte, blessé la main par la flèche tirée
quelques instants auparavant.
Ils
interrogent l’ermite, qui les émeut en racontant
la vie qu’il mène au service de Dieu ; ils se
jettent à ses pieds pour lui demander pardon et lui
proposent d’immenses richesses. Gilles refuse tout présent,
mais suggère de faire construire un monastère.
Il finit même par consentir, malgré sa répugnance
à occuper une fonction élevée, à
en assumer la direction.
Tableau quadrilobé (église Saint-Gilles
de Liège) représentant Saint-Gilles obtenant
les faveurs du roi Wamba et de l'évêque Arégius
(l'ermite a la main transpercée d'une flèche,
et sa biche nourricière est couchée à
ses pieds) :
Telle est l’origine de l’abbaye de Saint-Gilles
du Gard, en Provence, avec Gilles comme premier abbé,
à la tête d’une communauté de religieux
respectant les règles de saint Benoît, ordre
prépondérant dans la Gaule de l’époque.
En
719, les Sarrasins, qui contôlent l’Espagne, franchissent
les Pyrénées et s’emparent d’une
grande partie de la Provence, pillant et incendiant de nombreuses
églises et abbayes. Gilles se rend à Orléans,
au pays des Francs, où il rencontre Charles Martel
(le grand-père de Charlemagne), dont il obtient la
promesse que son monastère sera relevé de ses
ruines après la victoire sur l’occupant, victoire
acquise en 721.
Gilles
meurt un premier septembre entre 721 et 725. Son tombeau,
dans l’église abbatiale, devient rapidement l’objet
d’une intense vénération. La ville de
Saint-Gilles du Gard se développe autour du lieu saint,
qui est mentionné, dès le XIème siècle,
comme le troisième but de pèlerinage de la chrétienté,
après Rome et Compostelle.
L'abbatiale
de Saint-Gilles du Gard et la place qui lui fait face :
À
la fin du XIème siècle,
l'actuel plateau Saint-Gilles est une épaisse forêt inhospitalière,
traversée cependant par le chemin qui mène de Liège
à Huy, étape vers la France. Les lieux sont malfamés,
peuplés de bêtes sauvages et de bandits qui s’attaquent
aux voyageurs.
C'est
pourtant là, vers 1083, qu'un certain Goderan, jongleur-ménestrel
désireux de se consacrer à la méditation, sollicite
le droit, auprès du père-abbé Bérenger
de l'abbaye bénédictine de Saint-Laurent, d'aménager
un ermitage sur les hauteurs boisées du Publémont, terres
qui appartiennent à cette abbaye.
Le père-abbé Bérenger accède à
cette demande, et Goderan y édifie, avec l'aide de
son ours savant, un petit ermitage et un oratoire dédié
à saint Gilles.
L'ours
dressé aide Goderan à tirer le chariot rempli
de pierres (tableau quadrilobé, église Saint-Gilles
de Liège).
La légende voudrait que ce Goderan
soit originaire de l'abbaye de Saint-Gilles du Gard, mais il ne s'agirait
là que d'une interpolation de Jean d'Outremeuse, auteur à
l'imagination généreuse.
Goderan
pratique largement l'hospitalité. Il est rejoint par d'autres
hommes et femmes attirés par son idéal de vie. Il fait
construire, pour les abriter, de petites maisons dont l'ensemble forme
progressivement une communauté dédiée à
saint Gilles.
À
sa mort, on enterre le corps du fondateur près de l'autel de
la petite chapelle Saint-Gilles. En 1115, le prieuré est soumis
à la règle de saint Augustin. En 1124, le prince-évêque
Albéron élève ce prieuré au grade d’abbaye,
en augmentant son domaine
territorial et nommant un abbé à la tête des chanoines
réguliers.
Le
prince-évêque Albéron 1er, en 1124, ordonne
des travaux pour remplacer l'oratoire de Goderan par une église
beaucoup plus spacieuse, qu'il consacre lui-même en 1127.
La
consécration de l'église Saint-Gilles par le prince-évêque
Albéron (tableau quadrilobé, église Saint-Gilles
de Liège)
L'église
érigée par Albéron est en forme de croix
latine, de style roman-mosan. Les matériaux sont pris
sur place : moellons de grès schisteux et de grès
houiller. Il y a du charbon, en effet, sous le sol du Publémont,
et les moines ne tardent d'ailleurs pas à l'exploiter.
En
vert : l'oratoire bâti par Goderan. En bleu : le transept
ajouté vers 1115. En rouge : les parties démolies
en 1124. En noir : les agrandissements dûs à
Albéron 1er.
Tout
naturellement, le prince-évêque Albéron
obtient d'être enterré dans l'église de
Saint-Gilles qu'il a consacrée.
On
y voit encore aujourd'hui à sa mémoire une pierre
tombale qui n'est pas la pierre originale, détruite
lors d'un incendie en 1568, mais un mémorial gravé
en 1646 par le père-abbé Jean de Nollet
L'abbaye
de Saint-Gilles et le plateau Saint-Gilles sur un fragment
de carte du XVIème siècle :
Août
2006. L'abbaye a disparu depuis longtemps. En face après
le rond-point, c'est le dernier petit tronçon de la rue
Saint-Gilles :
Le
monastère, au cours de sa longue existence, est frappé
par bien des malheurs. En 1468, il est pillé et incendié
par les hordes bourguignonnes de Charles le Téméraire.
Les moines doivent aliéner leurs revenus pour parer
aux réparations les plus urgentes, puis il faut attendre
le début du XVIème siècle, sous le règne
du prince-évêque Érard de la Marck, grand
mécène, pour que l'abbaye commence véritablement
à renaître.
Cette
pierre tombale, dans l'église Saint-Gilles de Liège,
est celle de l'abbé Wauthier de Bréda, qui achève,
vers 1540, de reconstruire les bâtiments claustraux.
En
octobre 1568, le couvent est à nouveau saccagé, cette
fois par les troupes de Guillaume d’Orange, qui passent par
Liège pour fuir l’armée du duc d’Albe traquant
les calvinistes. Les lieux sont restaurés, et voici comme ils
apparaissent sur un
dessin de 1584 :
(en construction)
Gravure
de Remacle Le Loup représentant l'abbaye de Saint-Gilles au
début du XVIIIème siècle :
Une autre gravure
de la même époque montrant l'abbaye de la cour intérieure
:
1786.
Les chanoines réguliers de saint Augustin ne sont plus suffisamment
nombreux pour que l'abbaye puisse vivre. Après sept siècles
d'existence, la communauté est dissoute. Ses derniers membres
se joignent aux bénédictins sécularisés
de Saint-Jacques.
La fin de la principauté de Liège est proche ; les révolutions
française et liégeoise vont modifier le cours de l'Histoire.
Entre-temps, l'église Saint-Gilles reste désaffectée
de 1786 à 1803.
1803.
L'année où l'ancienne abbatiale est choisie pour redevenir
le lieu de culte officiel des habitants de Saint-Gilles, de Saint-Nicolas-en-Glain
et de Sainte-Gertrude ( Ces deux derniers noms évoquant des
chapelles aujourd'hui disparues ).
En ce début de XIXème siècle, la houille autrefois
extraite de façon artisanale par les moines, fait désormais
l'objet d'une exploitation plus systématique par de grands
charbonnages. La vieille église souffre des tassements et glissements
de terrain.
Quatre années seront nécessaires pour remettre l'édifice
en état, abîmé par sa désaffection et ébranlé
par l'activité minière de la région.
L'église
au milieu du XIXème siècle, vue de la cour Saint-Gilles.
Il est impossible, en 2006, de photographier sous cet angle
par manque de recul
L'église
Saint-Gilles vers 1875.
Pendant
tout le XIXème siècle, pour remédier
aux dégâts provoqués par l'exploitation
minière, l'église est réparée
à plusieurs reprises. Mais un sauvetage d'ensemble
s'impose. Le curé Hyacinthe Demaret (1885-1900) fait
appel à l'architecte gantois Auguste Van Assche, bien
connu à Liège pour les importantes restaurations
qu'il a déjà effectuées à Saint-Jacques,
Saint-Denis, Saint-Martin et Saint-Christophe.
Les travaux ont un triple but : consolider, restaurer et agrandir.
La multiplication de la population exige, en effet, un lieu
de culte plus vaste.
L'église
entièrement rénovée est reconsacrée
le 28 mai 1894 par Monseigneur V.J. Doutreloux, évêque
de Liège.
Du complexe
monastique d'antan, il ne reste donc que l'église, elle-même
profondément modifiée au cours des siècles.
Sur cette photo ancienne ( date inconnue ), le rectangle bordé
de rouge délimite ce qui subsiste de l'édifice du XIIème
siècle, le reste datant des rénovations et agrandissements
de la fin du XIXème siècle :
Sur
l'affiche ci-contre ( 11 janvier 1942 : journée spéciale
organisée par la paroisse pour récolter des
dons et envoyer des colis aux prisonniers de guerre ), l'église
Saint-Gilles figure dans les pensées du soldat détenu
en Allemagne.
À
côté de l'église, on aperçoit quelques
bâtiments qui constituent les derniers vestiges de l'ancienne
abbaye, occupés par les
Soeurs françaises de la Sainte Famille du Sacré-Coeur
( cf plus loin, dans la chapitre « Cour Saint-
Gilles » ).
Ces
derniers vestiges des bâtiments abbatiaux ont été
démolis en 1958.
La
façade du n°31 cour Saint-Gilles, cependant, comporte
encore des éléments de murs anciens. Cet immeuble
est affecté aux oeuvres paroissiales ( scoutisme notamment
).
L'église
Saint-Gilles est aujourd'hui un bel exemple d'édifice liégeois
qui allie harmonieusement les styles roman et néo-roman.
Une
photo de l'église Saint-Gilles
en 1962.
L'église
illuminée un soir
de janvier 2006.
Une
vue aérienne en septembre 1978 ou 79
(présentée ici avec l'autorisation de Monsieur
André DRÈZE, auteur du livre « Liège,
100 vues aériennes d'une ville millénaire »,
publié en 1980 à l'occasion du millième
anniversaire de la principauté de Liège
Le
crucifix gothique qui pend dans le choeur est un chef-d'oeuvre en
chêne polychromé estimé au début du XIVème
siècle.
Il porte la trace d'un impact d'arme à feu. La légende
voudrait qu'il ait été atteint d'un coup de mousquet
tiré par un soldat calviniste, quand l'église est ravagée,
en 1568, par les troupes iconoclastes de Guillaume d'Orange. Elle
ne précise toutefois pas comment il a survécu à
l'incendie de l'édifice !
Le
culte de Saint-Gilles:
La
statue de saint Gilles conservée dans l'église
de Liège du même nom a été sculptée,
vers 1340, par le Maître de la Madone de la Gleize. Plus
grande que nature, elle mesure 2 mètres 27.
Au
fil des siècles, cette sculpture polychromée a
subi des restaurations maladroites. Les yeux du personnage,
de retouche en retouche, ont été considérablement
agrandis, lui donnant une expression d'effarement.
La
polychromie primitive a été rétablie par
l'artiste et archéologue liégeois Jules Helbig
à partir de 1885, mais l'expression locale « i
fait des oüys come Sint Djîle l'èwaré
! » ( « il fait des yeux comme Saint-Gilles l'ahuri
» ) a survécu.
Une
procession parcourt chaque année les rues de la paroisse, pendant
la neuvaine du 1er au 9 septembre.
Cette neuvaine, période de prières, permet aux croyants
de prier saint Gilles pour les préserver, eux et leurs enfants,
des maladies nerveuses et des frayeurs nocturnes.
Ces
manifestations de foi, autrefois, attiraient une assistance nombreuse.
Voici ce qu'écrit Charles Delchevalerie, écrivain wallon,
dans la première moitié du XXème siècle
:
«
Ce jour-là, sur la courette qui entoure l'antique et petite
église romane aux pierres noircies, règne l'affairement
d'un pèlerinage des temps médiévaux.
Autour du moustier rustique, des carrousels tournent et des échoppes
offrent aux marmots des jouets naïfs et bigarrés. Une
foule pieuse piétine et s'engage sous la voûte nue du
temple : ce sont des femmes et des enfants qui vont faire leurs dévotions
au patron du lieu, dont l'effigie, par ses yeux égarés,
a conquis une renommée séculaire. On prie saint Gilles
pour éviter aux enfants les convulsions et les crises nerveuses.
Un
va et vient s'organise autour d'une table où les pèlerins
déposent des offrandes et des cierges ; ils défilent
devant le saint hagard sous ses boucles ; ils font toucher aux petiots
sa jambe ou le pied du chevreau ( la biche ) qui se dresse contre
lui.
Le
rite accompli, on passe dans une chapelle voisine où le prêtre
officie, puis on gagne la sortie après une prière, et
l'on se répand dans les boulangeries des alentours où
furent mises au four, pour la circonstance, les tartes au riz et aux
prunes... La croyance populaire se manifeste ainsi, aux portes de
la ville, par une survivance pleine de caractère ».
(Autour
du perron, images liegéoises, 1932)
Les photos qui suivent témoignent de la ferveur populaire
au milieu du XXème siècle. Le cortège,
avec ses reconstitutions historisques inspirées par
la Bible et l'Évangile, compte de nombreux participants,
et la foule est dense pour assister pieusement à l'événement
:
De
nos jours ( photos de 2006 ), il faut reconnaître que ces cérémonies
religieuses n'ont plus pareil succès ; même la fête
foraine associée à l'événement est réduite
à sa plus simple expression :
Le
tremblement de terre de 1983 :
Le
8 novembre 1983, l'église est ébranlée par le
tremblement de terre qui secoue l'agglomération liégeoise.
En
attendant les restaurations nécessaires, les offices sont célébrés
dans la chapelle de l'école Saint-Sébastien toute proche.
Le
9 novembre, le lendemain du sésisme, la reine Fabiola
se rend à Saint-Nicolas, région liégeoise
particulièrement touchée, pour réconforter
la population. Accueil aux Grands Champs par Edouard Close,
bourgmestre de Liège, et Freddy Donnay, bourgmestre de
Saint-Nicolas.
En
septembre 1984, une partie de l'édifice délimitée
par des barrières Nadar est de nouveau accessible, à
l'occasion de la neuvaine annuelle en l'honneur de saint Gilles.
En
ce début septembre 1984, la procession religieuse est précédée,
la veille, par le
« pèlerinage des musiciens ». La fanfare de Saint-Pholien
les Prés en tête, des chanteurs et instrumentistes, partent
de la place de la Cathédrale et remontent toute la rue Saint-Gilles
jusqu'au haut du Publémont, où ils sont bénis
dans la cour de l'école Saint-Sébastien.
Le
« pèlerinage des musiciens » ! Une tradition
qu'on n'avait plus observée depuis des siècles.
C'est le chroniqueur Jean d'Outremeuse qui nous en apprend l'existence
au XIVème siècle. A cette époque, il était
coutume qu'un cortège de musiciens, le 1er septembre,
fête de saint Gilles, se rende de la place du Marché
à l'abbaye pour célébrer Goderan, leur
ancien confrère devenu ermite. Tous les participants
n'étaient pas des virtuoses. L'expression locale «
les krins krins de Saint-Gilles » rappellent les sons
discordants tirés de certains instruments.
Cette
tradition n'avait plus été célébrée
depuis le sac de Liège, en 1468, par les troupes de Charles
le Téméraire... Et elle ne l'a plus été
depuis !
La
cour Saint-Gilles :
La
cour Saint-Gilles correspond au préau de l'ancienne abbaye
aujourd'hui disparue. C'est au n° 28 de cette petite rue que se
trouve l'église Saint-Gilles.
La
cour Saint-Gilles vue du début de la rue de Tilleur.
La
cour Saint-Gilles vue de l'esplanade du cimetière.
C'est
là, à la fin du XIXème siècle, que s'ouvrent
deux écoles primaires, l'une pour garçons en 1879 et
l'autre pour filles en 1882.
L'école
pour filles, gérées d'abord par des Soeurs de Notre-Dame,
puis ( 1919 ) par des Filles de Marie-Auxiliatrice de Don Bosco, est
devenue l'actuelle école mixte Saint-Sébastien.
La
direction et le corps enseignant de l'école se sont laïcisés,
mais des Salésiennes vivent toujours dans un immeuble mitoyen.
L'immeuble
des religieuses salésiennes.
L'entrée
principale de l'école primaire Saint-Sébastien.
Une
classe de garçons vers 1920.
L'école
des garçons en 1936.
Une
classe de maternelle en 1925.
Une
classe de filles en 1916.
La
cour de récréation de l'école des filles
( les bâtiments de gauche seront détruits en 1954
).
Au
début du XXème siècle, il existe, à Saint-Gilles,
d'autres religieuses que celles qui s'occupent de l'école fondamentale
des filles. Ainsi, dès 1901, des soeurs françaises qui
fuient les lois anti-congrégations viennent s'installer dans
ce qui reste des anciens bâtiments abbatiaux. Ce sont les Soeurs
de la Sainte Famille du Sacré-Coeur, qui resteront là
jusqu'en 1948 ( rappelons que les derniers bâtiments de l'ancienne
abbaye seront démolis en 1958 ).
Le
couvent des soeurs françaises au début du XXème
siècle.
Le
même endroit en 2006.
Les houillères d'antan:
La
photo ci-dessous représente le rond-point Bensberg vu du boulevard
Hillier. Rond-point surnommé ainsi à cause de l'école
communale Bensberg que l'on aperçoit sur la gauche.
En
face, le boulevard Sainte-Beuve. À droite, les rues Saint-Laurent,
Saint-Gilles et Chauve-Souris (derrière le tertre herbu).
La
rue Saint-Gilles descendant
vers le centre-ville.
Dans
l'autre sens, le sens unique oblige d'emprunter la rue de la
Haye pour rejoindre la rue Saint-Laurent.
Rue de la Haye... Rien à voir avec la capitale politique des
Pays-Bas. L'appellation provient de l'ancien charbonnage de la Haye.
Il s'agit d'une voie très ancienne, citée dès
le XIVème siècle comme le lieu-dit « longue haie
» et réaménagée en 1877 par la houillère
pour y loger ses mineurs.
Examinons
ce dessin ( datant probablement du milieu du XIXème siècle
). On aperçoit, coloré en jaune, le chemin qui est aujourd'hui
la rue Henri Maus, en provenance du Laveu. Dans le fond, où
se dresse nettement une belle-fleur, ce sont les installations de
la houillère de la Haye.
Voici deux vues de ce charbonnage au début du XXème
siècle :
L'exploitation houillère concerne également l'actuelle
rue Chauve-Souris, ainsi baptisée à cause de ces mammifères
volants qui hantaient autrefois les galeries minières.
Les
rues Saint-Nicolas et Ferdinand Nicolay:
Au
départ du carrefour Saint-Gilles, la rue Saint-Nicolas se dirige
vers Montegnée :
En
1938.
En
2006.
En
1927.
En
2008.
Rue
Saint-Nicolas, près de Saint-Gilles, se trouvait autrefois
un dépôt des trams
vicinaux ; l'endroit est devenu AutoFORM, un centre de formation dans
les métiers de l'automobile.
En
1910.
En
2006.
Quant
à la rue Ferdinand Nicolay ( du nom d'un homme d'affaires belge
du début du XXème siècle, généreux
à l'égard des bureaux de bienfaisance ), elle permet
de descendre vers Tilleur :
En
1959.
En
2008.
La
rue de Tilleur
:
Le
début de la rue de Tilleur, du côté de la rue
Saint-Gilles, est
également fort commerçant.
En
1938.
En
2004.
Et
dans l'autre sens :
De
nos jours (2008).
Prochainement
(projet non définitif).
La
rue porte officiellement ce nom depuis 1877 ; elle est ainsi appelée
parce qu'elle aboutit à la localité de Tilleur, laquelle
devrait son nom aux tilleuls qui abondaient autrefois sur son territoire.
Le
« thier de Tilleur » est déjà cité
au XIVème siècle, et c'est au milieu du XVIIIème
que ce chemin est élargi et pavé, tout comme celui de
Saint-Laurent à Saint-Gilles ( l'actuelle rue Saint-Laurent
). Ces voiries constituent alors, au départ de Liège,
le premier tronçon de la « route de France », route
qui mène vers le sud via Seraing, Huy et le Condroz. De Tilleur
à Seraing, c'est un bac qui permet de traverser la Meuse.
En
1817, la fabrique d'église de Saint-Gilles ( sur le territoire
de Liège ) achète un terrain pour y aménager
un cimetière ; n'ayant pas besoin, à cet effet, de toute
l'étendue acquise, elle autorise la commune voisine de Saint-Nicolas
à y installer une école. C'est ainsi que la rue de Tilleur
voit s'ouvrir, cette année-là, une école primaire
communale pour garçons.
Cette école primaire cessera ses activités à
l'extrême fin du XIXème siècle, lors des travaux
d'agrandissement du cimetière Saint-Gilles ( 1894-1899 ), la
commune de Liège récupérant l'usage de son terrain.
Les classes sont alors regroupées sur le site Tout-Va-Bien
( voir plus loin ).
Les
travaux d'agrandissement du cimetière Saint-Gilles à
la fin du XIXème siècle. Au centre, le long du
mur, l'ancien chemin des Patients (ou Pendards), qu'empruntaient
autrefois les condamnés amenés de Liège
vers le gibet des Grands Champs.
La
même vue en 2008, avec l'église et le cimetière
Saint-Gilles. À l'avant-plan, les arrière-bâtiments
de l'atelier protégé « La
Lumière » ; à gauche, la rue de Tilleur.
Le
cimetière s'étend en face de l'église, entre
le boulevard Louis Hillier et la rue de Tilleur. Le voici en période
de Toussaint, quand il se pare des fleurs commémorant la mémoire
des défunts :
Le
rite chrétien s'accompagne de nos jours des traditions
païennes d'Halloween, dont vous pouvez découvrir
les origines en cliquant sur
ce lien :
Le
mur du cimetière, du côté de Saint-Gilles, longe
une grande partie de la rue de Tilleur. Voici la différence
entre 1905 ( remarquez à l'horizon les cheminées qui
témoignent des activités minières de l'époque
) et 2006 :
Fin
février 2004, une journée d'hiver un peu
plus enneigée que d'habitude :
La
rue de Tilleur de l'autre côté de la place des
Grands Champs et vue depuis la rue du Vieux Thier :
En
1949 ( dans la fond à gauche, la rue de la Résistance,
qui sera rebaptisée rue de l'Indépendance en 1977).
En
2008, fortement urbanisée.
En
1949 ( à droite, la rue de la
Justice ).
En
2008.
Les Grands Champs
:
Dans
le quartier, une place et une rue portent l'appellation des «
Grands Champs ».
La
rue de Tilleur vue de la place des Grands Champs, vers 1930, en 2006
et un jour d'hiver précoce en novembre 2008 :
Il
y avait autrefois, dans les « grands champs » de Saint-Gilles,
un gibet servant à pendre les malfaiteurs qui n'étaient
pas citoyens liégeois ( ceux-ci ayant le « privilège
» d'être exécutés place du Marché
). La pendaison n'y était d'ailleurs pas le seul supplice possible
; on y rouait, décapitait ou brûlait aussi les criminels.
Dans
un lointain passé,
les exécutions capitales avaient lieu sur la colline du Publémont,
à l'emplacement de l'actuel domaine militaire Saint-Laurent,
ancienne
abbaye bénédictine. C'est la construction de ce
couvent, au XIème siècle, qui a provoqué le déménagement
du lieu de supplice.
Le
gibet de Saint-Gilles a-t-il existé dès le XIIème
siècle ? Probablement, mais le fait n'est attesté sur
document que dès le début du XVème.
Détail
du centre de Liège en 1649 :
1.
Le bâtiment de l'Official, abritant une cour de justice
avec cachots et salle de torture. 2.
La place Verte ( l'actuel îlot Saint-Michel ).
3. Le bras de la Meuse devenu le boulevard de la Sauvenière.
4. La place aux Chevaux ( l'actuelle place de la Répoublique
française ).
Les
condamnés en provenance de l'Official
de Liège, quand ils arrivaient sur les hauteurs de Saint-Gilles,
étaient conduits à la potence des Grands Champs par
un petit chemin dit des « Patients » (
du latin « patiens », « qui souffre » ), voie
étroite derrière le cimetière de Saint-Gilles,
dont un autre tronçon se retrouvait près de l'actuelle
rue de la Justice. Les criminels étaient contraints d'emprunter
cet itinéraire secondaire pour éviter de passer à
proximité de l'abbaye, où ils auraient pu demander asile
pour échapper à leur peine.
La
carte ci-dessous date de 1874 :
1. l'actuelle rue de Tilleur du côté de Saint-Gilles
/ 2. L'actuelle rue des Grands Champs /
3. L'actuelle rue Piron / 4. L'emplacement du charbonnage du Piron
à la fin du XIXème siècle / 5. L'emplacement
du gibet d'antan / 6. L'actuelle rue de la Justice, nommée
à l'époque « chemin de la Justice » et parallèle
à un autre chemin dit des « Patients » / 7. Une
autre partie de la rue de la Justice qu'on appelait jadis le «
chemin des suppliciés ». Tout un programme !
Non
loin de là, sur le territoire de Liège, existent la
rue du Laveu et la rue de Joie. La tentation est grande de considérer
que ces appellations ont un rapport avec le lieu de supplice des Grands
Champs, si on pense à l'aveu des prisonniers et à la
joie des condamnés graciés ! Mais
ce serait des familles illustres des XIVème et XVème
siècles, les Lavoir et les Joye, qui seraient plutôt
à l'origine de ces noms.
Le
gibet a heureusement disparu depuis longtemps, mais une expression
wallonne a survécu dans la région quand il s'agit d'éconduire
quelqu'un : « Vas ti fé pinde à Sint-Djîle
! » ( « Va te faire pendre à Saint-Gilles ! »).
La
place des Grands Champs en avril 2008
La
rue des Grands Champs en 1954.
En
2008.
Les
boulevards Gustave Kleyer
et Louis Hillier :
Anciennement
boulevard de Cointe, percé en 1903 en prévision de l'Exposition
Universelle de Liége de 1905, le boulevard Gustave Kleyer porte
le nom, depuis 1921, du bourgmestre de liège en fonction lors
de cet événement exceptionnel.
Au
début du XXème siècle.
En
2006.
Ce boulevard sur les hauteurs de Liège relie Cointe à
Saint-Gilles. Dans les deux premiers tiers du XXème siècle,
il se termine en débouchant dans la rue Henri Maus. C'est à
la fin des années 1960 que le boulevard Louis Hiller est percé.
Au
début du XXème siècle, ce boulevard se
termine en débouchant
dans la rue Henri Maus qui vient
du Laveu.
Depuis
la fin des années 1960,
le boulevard Kleyer est prolongé par
le boulevard Hillier, qui le relie au boulevard Saint-Beuve
( ouvert dans les années 1950 ).
On oublie souvent que le tronçon qui va de la rue Henri Maus
au rond-point Bensberg n'est plus dédié à Gustave
Kleyer, mais à Louis Hillier, le compositeur, en 1901, du
« Tchant dès Walons » ( cet air, avec des paroles
de Théophile Bovy, est actuellement l'hymne de la région
wallonne de Belgique ).
Les bâtiments que l'on aperçoit sur la gauche de cette
photo ci-dessous, boulevard Hillier, sont l'atelier protégé
« La Lumière
», destiné aux aveugles et malvoyants. La rue Henri Maus
(1) ( rue du Haut-Laveu avant 1889 ), provenant du Laveu, coupe l'enfilade
actuelle des deux boulevards, Gustave Kleyer (2) et Louis Hiller (3)
:
Henri Maus est l'ingénieur qui a conçu, au milieu
du XIXème siècle, le plan incliné qui permet
la jonction ferroviaire entre la gare d'Ans et la gare des
Guillemins.
La
photo ci-dessous représente la rue Henri Maus au! milieu du
XXème siècle. À droite, on distingue très
bien la briqueterie ( dans l'ovale ). Au-delà des quelques
maisons soulignées de rouge, un chemin pavé accède
au boulevard Kleyer. Le boulevard Hillier n'existe pas encore ; c'est
la ruelle des Patients qui longe le cimetière, près
de l'église Saint-Gilles
et du couvent :
1952
: la rue Henri Maus arrivant sur le plateau Saint-Gilles à
la fin du boulevard Kleyer, pour rejoindre la rue de Tilleur.
Le boulevard Hillier sera construit, à la fin des années
1960, dans les prairies que l'on voit devant le mur du cimetière
et la « maison du cloutier ».
Les
boulevards Kleyer et Hillier constituent aujourd'hui une voie rapide
importante, empruntée notamment par les coureurs cyclistes
de l'épreuve Liège-Bastogne-Liège ( photos d'avril
2006 ) :
Le
boulevard Hillier et les pelouses proches de l'église romane
accueillent aussi, tous les samedis matin, une brocante appelée
« les petites puces de Saint-Gilles » :
La rue
Bel-Horizon :
La
rue Bel-Horizon, au XIXème siècle encore, descendait
jusqu'au Laveu ; elle s'appelait alors la rue Boulboul, du nom d'une
famille propriétaire de terrains et de houillères. Elle
change de nom au lendemain de la seconde guerre mondiale, et sans
doute permet-elle encore, à l'époque, d'admirer une
vue d'ensemble de Liège.
De
nos jours, il s'agit d'une rue très courte, allant de la place
des Grands Champs au boulevard Kleyer. Son seul horizon est le terrain
de football rougeâtre de l'EY Liège.
La
rue Tout-Va-Bien :
C'est
la rue, sur le territoire de Saint-Nicolas, où je me
rends quand le calendrier politique m'invite à accomplir
mon devoir électoral, le bureau de vote étant
installé dans l'école communale Tout-Va-Bien
( que l'on aperçoit sur la vue aérienne ci-contre
).
Cette
vue aérienne a été obtenue grâce
à Live
Search Maps de Microsoft.
Selon
André DE BRUYN, dans son ouvrage « Histoire des rues
et lieux-dits de la commune de Saint-Nicolas », l'origine du
nom « Tout-Va-Bien » serait le résultat d'une confusion.
Au
XVIIIème siècle, l'endroit ne comporte qu'une dizaine
de maisons habitées essentiellement par des ouvriers mineurs
d'origine néerlandaise, ce qui lui vaut le surnom de «
Batavia ». Les déformations populaires en font «
Tavabia », puis
« Tavabin », appellation finalement francisée en
« Tout va bien » !
Une
école communale est signalée dès la seconde partie
du XIXème siècle ( notamment à l'emplacement
des buildings actuels ), mais l'établissement scolaire actuel
date du début du XXème ( inauguration en 1913 ).
Le
carrefour entre les rues Likenne et Tout-Va-Bien au milieu du
XXème siècle.
Le
même endroit cinquante ans
plus tard.
Plus
bas dans la rue Tout-Va-Bien, on découvre l'arrière
du château
de Saint-Nicolas, demeure bourgeoise construite vers 1835. Complètement
rénové en ce début du XXIème siècle,
le bâtiment a été transformé en hôtel
de luxe, avec parc et salles pour réceptions, séminaires,
mariages...
Au
milieu du XXème siècle.
En
2008.
L'entrée
principale du château est située dans la rue Ferdinand
Nicolay, voie parallèle qui descend vers Tilleur :